No place for us! Damien Saez.

No place for us! Damien Saez.
J'ai beau dire que j'arrête, j'y arrive pas. C'est comme une dépendance. Ca m'fait kiffer d'raconter ma vie insignifiante à des gens que j'connais même pas. D'raconter d'la merde, et d'kiffer recommencer. J'ai beau dire que j'arrête, j'ai toujours pas trouvé l'patch. Le radical, il parrait que c'est l'mieux. Encore faudrait-il avoir la volonté d'être radicale. Mais nixamaire j'vais y arriver. J'voulais partir, oublier. Bah non, comme une conne j'reviens. Alors on est là. Vous comme des cons à vous dire "bah elle nous fait quoi la môme là?" et moi à taper sur mon clavier, l'regard dans le vide, même pas fixé sur mes doigts qui bougent, à laisser les mots défiler. Et puis ça m'saoule de toujours tout devoir à quelqu'un. J'dis un truc et j'le fais pas? Tant pis, j'ai d'comptes à rendre à personne.

C'est comme ce régime que j'ai entamé y'a 6 mois. Objectif 3 kilos perdus en 4 semaines. Plus j'buvais d'eau, plus j'sentais les regards accusateurs de mes compatriotes qui m'disaient "mais vasy ma grande, bois, t'façon c'est pas 3 kilos que t'as à perdre, c'est 10, mais vasy, 3 c'est déjà un bon début". Frustrant. Et puis c'est d'la faute de ces minettes qu'on voit défiler en studio pour que j'puisse faire mes putain d'prises de vue. Elles font le poids que j'faisais à 8 ans, dans un coprs d'1m75. Y'a d'quoi vouloir boire des litres d'eau après ça. Moi à côté j'me sens comme Maité dans un centre anti-anorexique, j'me fond pas dans l'décor. Il parrait que j'suis la jeune femme lambda des années 2000. Rondouillette, et bien dans sa peau.
Bien dans ma peau, excuse moi, mais quand j'prend en photo ces fils de fer, j'sais plus où m'mettre, j'ose même plus rien dire, à part "lève la tête et regarde à droite, plie le bras comme ça et prend un air autain." Ouais, l'air autain, t'inquiète qu'elle l'a la grogniasse devant mon objectif. A moi toute seule j'fais même pas le poids d'trois comme elle réunies, il en manque la moitié d'une 4ème, et vasy pour ne pas complexer face à ça. Maillot de bain taille 32 et gros seins avec tout ça. "Toûûût est nâturêêl ma chère." Mouais, laisse moi rire, j'suis sure que t'en as plus dans les seins que dans la cervelle.
Bref t'arrive quand même à m'faire complexer conasse, alors prend l'air autain et me calcule pas sinon j'vais tout foirer. Et puis c'est quoi ce délire de retoucher les mannequins bordel? C'est mon boulot, et moi, j'fais ça, en grignotant, l'air de rien, en enlevant 3 mm de graisse imaginaire sur les cuisses de la fille en couverture. Attention, j'grignotte que des Taillefine, il parrait que c'est moins qualorique. Mon cerveau et mon estomac sont convaincus, j'en mange donc à ma guise. Mes cuisses et mes fesses le sont moins, et me forcent à descendre 2 arrêts de bus avant le mien, histoire d'me déculpabiliser en rentrant chez moi.
Mais j'comprend toujours pas pourquoi j'dois retirer ces 3mm de "trop" sur la donzelle.
Surtout que le jour de la prise de vue, elle avait la même robe que moi, celle que j'porte en ce moment. La noire a pois blancs. Evidemment, elle a l'air mutin dans la sienne. J'ai l'air d'un lutin. Celui du père Noël qui a des fringues qui lui vont pas, mais qu'il met quand même, car c'est la mode mon cher. Bref.

Régime ou pas, j'aurai toujours pas la classe d'une duchesse. J'ai plutot l'air d'une pétasse. J'assume, c'est déja pas mal. Le genre de nana qui en fait trop, sans en faire assez. Et qui au final s'fond dans l'décor parmis d'autres jeunes filles lambda des années 2000, rondouillettes et bien dans leur peau.
Si j'retrouve celui qui m'a dit ça un jour, j'lui fais bouffer mes escarpins.
Ca lui apprendra à étouffer mes complexes à coup de "t'es belle darling, t'en fais pas, toi au moins t'es une bonne vivante". Traduction:
J'suis grosse, mais belle.

Les femmes grosses plaisent il parrait.
Ouais. Aux vicieux qui imaginent la taille de tes seins sous ton t-shirt. C'est comme a Lidl l'autre jour. J'avais un simple tshirt rose, un jeans, des basket, une pauvre couette menaçant d'tomber, et pas d'maquillage. Ma coloc pouffait de rire en voyant les blédards matter mes fesses sous mon H&M pendant que j'hésitais entre la mimolette et le camembert. Moi ça m'faisais rire moyen. Plutot envie d'leur jeter les fromages et m'casser en courant. Evidemment, les beaux gosses, eux, les beaux mâles, qui vous font chavirer le coeur et le caddie au premier regard, ceux que vous savez que vous les aimez depuis toujours, bah eux, rien, nada, walou. Vous rêvez qu'ils vous adressent la parole, qu'ils vous disent "c'est toi que j'attendais, baby, viens, tu mérites mieux que Lidl, jt'emmène à Carrefour", mais ne vous disent qu'un malheureux "pardon", suivi d'un "Chérie tu veux quoi comme PQ? Le rose ou le blanc? Non le rose il m'irrite, j'prend le blanc laisse tomber" adressé à la bombe, la-bas, dans son Temps Des Cerises taille 34. Jm'en fous, j'vais m'abonner à Weight Watchers et revenir faire la nique à sa meuf dans 6 mois.
Bientôt moi aussi j'pourrais m'vanter d'sortir mon beau gosse à Lidl, glissée dans mon Strauss taille 36, avec ma tête en couverture de magazine.

# Posté le jeudi 19 avril 2007 19:53

Modifié le jeudi 19 avril 2007 20:12

Breakfast in América. Supertramp.

Breakfast in América. Supertramp.
Supertramp à fond. Mes RayBan qui m'cachaient la moitié du visage. Et toi qui rigolais. Le regard fixé sur la route. J'ressemblait à Nana Mouskouri d'après toi. J'voyais mon reflet dans tes RayBan, c'est vrai qu'après tout j'pourrais lui ressembler dans 30 ans. Et le vent qui m'décoiffait. J'détestais. Et toi, gentiment, tu passais ta main dans mes cheveux. J'detestais. Tu m'décoiffais encore plus. Mais t'avais un sourire qui m'empêchait d'râler. Et la musique. Et le vent chaud. Et la route. Et les palmiers au bord. Et toi qui chantais faux. J'adorais. On s'tapait des barres rien qu'en se regardant. T'avais une gueule de con avec tes RayBan. Mais j'kiffais. Tu sais pas comme je kiffais... Et la marque de ma main sur ton torse. On s'était endormis sur la plage la veille. Le lendemain on s'est reveillés, t'avais bronzé au petit matin. T'avais l'air d'un con, mais j'kiffais. On en riait... Et ton short à fleurs. La mode, jt'en fouttrais d'la mode moi. Et Supertramp à fond, toujours, encore. Et le parking sans ombre. 15 minutes pour avoir une putain d'glace. La tienne avait fondu avant qu'on soit revenus à la voiture. T'en as fouttu plein le siège. J'me fouttais de toi sale gogole. La tache est toujours là. J'arrive pas à l'enlever, et j'veux pas. C'est une trace de toi. Vanille-pistache sur ce putain de siège-avant. Et la route. Supertramp. Ta voix qui déraillait. Ton sourire. Ton sourire magique. J'étais avec toi, rien qu'avec toi, le reste jm'en fouttais. On aurait pû mourir foudroyés qu'on s'en fouttait. On aurait été ensemble. L'amour, c'est c'qui nous rendait forts. Plus rien n'pouvait nous arriver. Et notre plage, cachée, déserte. L'eau transparente. Némo et ses potes qui s'glissaient sous nos pieds. Et moi qui m'cogne la tête sous le rocher. Pas d'serviette pour éponger le sang, sale cassos t'arrache ton super maillot à fleurs Hawaiennes. James Bond Sicilien. T'avais toujours l'air d'un con. Et la journée qui passe, le soleil qui se couche, on est toujours là, à faire des coeurs dans les cailloux. J'ai toujours le tiens sur moi. Mon cailloux de mariage. Et la voiture, le vent dans nos cheveux encore mouillés. Et la place. Notre place. Notre arbre. P+L. On avait 6 ans et on les a toujours. La Via Bellini. La notre. Ta preuve d'amour pour toujours. Sur du Supertramp. Sur Breakfast in America. Dernier jour ensemble en Sicile.

Mes RayBan cachaient mes larmes. Mes yeux défoncés par l'insomnie. Et ton rire qui revient dans ma tête. J'ai peur du silence à cause de ça. Et ton visage qui revient quand j'ferme les yeux. Ton nom sur cette pierre. Il devrait pas être là. Il devrait être uniquement sur notre arbre, devant cette putain de plage où j'veux plus mettre les pieds, dans cette putain de rue où on habite, dans cette putain de ville, sur cette putain d'île qui m'rappelera toujours que tu me manques et qu'à chaque instant je pense à toi. La douleur est de plus en plus intense, rien n'se calme. L'été arrive. Le deuxième sans toi. J'prend un nouveau tournant dans ma vie, et t'es pas là. Mes trippes s'décomposent en même temps qu'les tiennes. A vif ça fait encore plus mal. Ca attaque le coeur à petit feu. Et la salive que j'arrive pas à avaler. C'est dur. Ca fait une boule, juste là. Et les larmes qui montent, et le mal qui prend de l'empleur. J'ai jeté Supertramp. Mais je l'ai retrouvé dans tes affaires. On l'avait en double. Fait chier. Et tes empreintes qui sont toujours sur le cd. Envie d'me couper les veines à cet instant précis. C'est une trace de toi qui fait mal. Encore plus que mes souvenirs. C'est du concret. Du réel.
T'ES MORT FAUT QUE JE M'Y FASSE. QUE JE RENTRE CA DANS MON PUTAIN DE CRANE. ET QUE MOI JE SUIS VIVANTE. Et que j'écoute Supertramp.

# Posté le mercredi 28 février 2007 19:33

Modifié le mardi 26 juin 2007 18:05

J'me rappelle pas d'la veille, juste quelques flash et l'horreur... Keny Arkana. Le fardeau.

J'me rappelle pas d'la veille, juste quelques flash et l'horreur... Keny Arkana. Le fardeau.
J'ai toujours c'goût amer malgré tout. C'goût d'mort dans la gueule, celui qui veut pas partir. Celui qui m'rapelle constament que t'es plus là. Celui qui m'rapelle que moi j'sais pas c'que j'fous. J'tremble. J'ai froid. J'ai plus l'même regard. J'ai perdu l'goût. Y'a plus rien au fond qui vaut l'coup. Je m'tue à p'tit feu. J'rêvais d'un nous. J'vis un Je. Solitaire. T'es mon univers. T'façon j'dois rien à personne. Chaque jour c'est la même rengaine. Plus l'goût malgré tout. Les gens m'comprennent pas. "Tu peux pas contrôler ta destinée." Si. Si j'peux la contrôler. Mais j'suis trop faible. J'ai pas l'courage pour ça. C'est l'seul truc donc j'ai peur. "La vie c'est qu'une seule mi-temps." J'ai envie d'un carton rouge par moments. "J'y vais cash j'me dis que la vie est trash. Les coups sont durs mais j'reste droite." J'peux pas. Wallah y'a des moments j'veux plus être là. Si un jour tu m'entends plus prier c'est que c'est terminé. Ma foi c'est c'qui m'garde. Ma foi... J'comprends plus rien. Putain d'paradoxe. Jusqu'à c'que j'rende l'âme. Que j'la rende à qui? LUI? Ouais.. Et toi t'es où? Tu t'fais bouffer 6 pieds sous-terre et on m'dit qu't'es la haut. Toutes ces fois où j'prends sur moi... T'es avec moi. Point. J'ai ton sang. C'est pas la peine... J'suis pas dupe. T'es la haut mais qui est en train d'se faire bouffer par les asticots? J'fais une fausse-couche parcque la vie m'a baisé. "Sois pas dégoutée..." Ouais ouais tu m'en diras tant... Vasy jt'arrache ta vie, on en reparle à l'autopsie. Seule. J'suis seule entourée d'monde. Rien à foutre des autres. J'les calcule pas. Wallah j'en suis désolée. Mais j'vois qu'par toi. Toi et ta voix que j'oublie pas. Toi et mes prières pour où qu'tu sois. Image claire pour un texte sombre. Mon avenir solitaire amer en clair. J'suis là debout j'trouve pas l'sommeil. Mouss me fait des smiley qui m'font rigoler. Sans lui... Bref j'en sais rien. Mais là j'me sens moins que rien. Envies d'sang. D'censure. C'est malsain. Rien à foutre. Article ephemère. Merci youss. Merci à toi d'me parler en silence. J'connais pas d'plus belle confidence. "On ne meurt qu'une fois". Ouais heureusement. On mourrait tous de chagrin si on d'vait recommencer l'deuil. J'vais chercher un beretta, j'reviens si l'envie m'en prend. Adieu.


A la vie à la mort par amour...
J'ai horreur d'avoir les doigts dans le yaourt,
et quand j'fais tomber la boite de coton-tiges.

# Posté le lundi 05 février 2007 08:42

Modifié le vendredi 29 juin 2007 05:10

Un jour vaincra la rabia del pueblo. K.

Clic clic?
Bam.

Cherches pas.
Tiens en parlant d'ça...
J'ai vu la haine dans les yeux d'ma mère.
Et jt'assure, meme toi ça t'aurai fait flipper.

J'suis une fille d'étrangers.
Ma mère elle a apprit l'français en meme temps qu'ma soeur ainée en CP.
Mon père il sait tout juste aligner 3 ou 4 mots quand il vient en France.
Aujourd'hui ma mère a un boulot stable. Elle a réussi à s'intégrer malgré l'racisme qui pue autant qu'la pisse dans ma cage d'escalier.
Autant t'dire que j'suis la première à t'dire d'aller voter.
Mon avenir, il est entre vos mains. Et on est des milliers comme ça ici.
Bordel allez voter.
Un jour vaincra la rabia del pueblo. K.

# Posté le mercredi 13 décembre 2006 14:35

Modifié le mardi 26 juin 2007 16:54

En tous cas, celui qui m'gène le passage, mon scalpel refait sa barbe sans gel de rasage. Brasco.

Laisse-moi rire avec tes petits pas à l'ancienne sur du Larsen, bordel arrête ton délire, tu peux pas enchainer sur "1'30 on va voir ce qu'on peut dire", si tu veux bouger fais-le sur Los De La Salsa "mon rap s'propage comme un gaz toxique, le son claque et t'fait péter la cage thoracique" , au moins t'aura pas l'air d'un épileptique qui essaye d'avoir la classe pour brancher une tasse.
"Ici c'est pas l'décor, mais l'mental qui est pourri, donc fouille les âmes, tu verras y'a peu d'lumière qui brille "; "J'ai trop d'histoires à narrer, branchez vos transistors, en un d'ces jeunes qui crache sur l'ministère, amertume dans mes cahiers, la rue m'a élevé, chaque rime est égale à un coup d'caillou."..
"Un univers sombre accompagné d'un piano triste, pour nous faire fermer nos gueules, il suffit pas d'couper la piste, marche sur mes pas mais coupe pas l'cable, j'ai tout donné à c'putain d'rap pour qu'il soit durable"," vaudrait mieux qu'tu comprennes qu'mes projets sont un pied-à-terre, jm'entraine, j'fais l'necessaire et sans faire d'commentaires."
Si t'es calé dans l'milieu, tu comprendras qu'ya pas qu'toi qui t'y connais un peu et d'où vient un mot sur deux.
Nique les traitres dixit Flynt, essaye d'égaler C-mone et Salomon en clash impro, Rachid Wallas t'la fait fermer avec son débit immitation Khondo.


Une playlist?

Antilopsa : L'encre en guise de larme.
Aretha Franklin : Respect.
Faouzi : Yéma.
Jamal : Cicatrices.
Kazkami : Douleur commune.
Wu Tang Clan : Shame on a nigga.
Mark Morisson : Return of the mack.
Lupe fiasco : Real.
En tous cas, celui qui m'gène le passage, mon scalpel refait sa barbe sans gel de rasage. Brasco.

# Posté le vendredi 03 novembre 2006 22:56